Sur la Commune de la Rochette (16110), et plus particulièrement sur le village de la Fourlière passé un petit train appellé Mairat...
1938 – Les premières fermetures…
Stations :
La Fourlière
Angoulême - Confolens à 7h14 - 13h14 - 18h14
Confolens - Angoulême à 5h52 - 10h27 - 15h52
* Horaire Angoulême – Confolens du 15 avril 1914. (collection A. Visseron.)
Les fermetures de lignes commencèrent à apparaître au vu du retour des premiers autobus en 1932, faisant une énorme concurrence au rail. En 1934, un décret de coordination entre les deux transports est pris. En 1935 à Rouillac des autorails remplacent les automotrices. Tous s’arrêtent le 28 février 1938, année charnière qui voit la naissance de la SNCF, l’électrification du Paris-Bordeaux dans sa partie charentaise ; c’est aussi « le commencement de la fin », pour les lignes charentaises à cause du plan de coordination.
Un peu d’histoire & un Bref résumé :
Malgré les critiques au sein du Conseil Général de La Charente, Le Petit Mairat connut un franc succès. De nombreux villages dont la Halte de La Fourlière (ou tout a disparu) furent intégrés à de nombreux circuits d’échanges : à chaque passage, on y déposait des marchandises pour les habitants et ceux des alentours [A]. Des liens relationnels s’établirent entre les populations, et les communes les plus enclavées du département furent ainsi desservies.Certains bourgs se virent transformés par la seule présence d’une gare en pôles commerciaux et artisanaux. Ta-tac-tatoum, ta-tac-tatoum, klick-klack, klick-klack, kdong, kdong… la petite loco avec son bruit si caractéristique, a une vitesse d’environ 15 Km/h, on ressent les raccordements des rails. L’arrivée du petit train avançant tranquillement (tout en rutilant), au son de sa musique si caractéristique, le sifflement (Chut…SChut…), dans les villages son arrivée était synonyme d’agitation, de vie… Lorsque "Le Petit Mairat" s’arrêtait en pleine campagne, pour prendre de l’eau ou dans une montée, les voyageurs, assis sur des banquettes en bois n’hésitaient pas à descendre soit pour le pousser ou pour discuter. Parfois, il se mettait aussi à titiller. Un jour, au retour d’Angoulême, (le trajet préféré des voyageurs), alors que « Le Petit Mairat » était archi plein comme régulièrement les jours de foire ; la locomotive s’immobilisa brusquement aux alentours de Champniers et on dut alors rentrer à pied jusqu'à Coulgens car les réparations auraient pris toute une partie de la nuit [B]…
La gare de La Fourlière commune de La Rochette (16110) sur la ligne d’Angoulême-Confolens, dessin vu par RASSAT Mickaël.
Pendant et après La Guerre 39-45.
Plus encore qu’en 1914-1918, le rail paie un lourd tribut à la guerre, car les nœuds ferroviaires sont la cible privilégiée des bombardiers. Donc, les tortillards survivants contribuent aux ravitaillements des citadins. La ligne de démarcation ne facilite pas les choses, coupant la Charente en deux. La Ligne de Confolens s’arrête à Benest. Un bus de substitution est mis en place et relie Alloue à La Rochefoucauld, tant bien que mal. La Voie ferrée est définitivement abandonnée en 1946.
L’acte de décès est officiel par le décret signé le 13 janvier 1949.
En 1955 le département a donné priorité aux anciens propriétaires, aux communes voire à la DDE, pour des terrains, les traverses cédées aux particuliers, des rails envoyés à Madagascar ou offert aux habitants. Les Wagons à plate-forme ont été vendus. La gare de La Fourlière, avait été offerte à M. RASSAT Léopold qui devait malheureusement la démolir car l’emplacement devait être réquisitionné par la DDE pour en faire un emplacement de gravier qui n’a pas été fait ; les pierres, lui ont servi de remblais, les tuiles mises sur un petit abris dans sa vigne. Quant à la Gare de Coulgens, elle fut donnée à un habitant, les pierres lui avaient servi a monter une grange : le nom de Coulgens figure encore d’ailleurs sur le corps de bâtiment [6.]
De nos jours, la ligne existe toujours avec pratiquement les mêmes trajets et horaires. Mais ce n’est plus le chemin de fer et son train, mais la route et un Bus de la compagnie Citram.
"Je sais que ce petit chemin de fer on l'appelle aussi 'Le Petit Mairat', cette appellation n'a rien qui m'offense... Quand je vois par les campagnes poindre le panache de fumée blanchâtre qui décèle la marche du petit train, je songe: Va, mon petit, continue la tâche bienfaisante... Tu apportes la vie, tu éveilles l'activité, tu es à la fois une cause d'économie et de richesse. Sois fier de ton rôle tout modeste qu'il soit. Ceux qui ne font rien ont beau jeu à critiquer ceux qui font quelque chose..." P.M. [25 mars, 1914]
Promenade, Découverte :
Suivre le trajet du Petit Mairat est possible en suivant certains itinéraires reconvertis au tourisme, chemin de randonnée, à pied, à vélo, à cheval, ou (par exemple le Vélo Rail à Roumazières-Loubert [7]) ou plus simplement en lui consacrant une lecture ou une visite sur Internet [8.] On peut aussi se rendre sur des vestiges du rail (piliers du vieux pont de Coulgens) et ses stations comme à Saint-Ciers sur Tardoire ou Bonnieure, Puyréaux & l’escalier derrière l’hôpital de Girac à St-Michel, etc. où elles sont toujours existantes et font partie du paysage... Le temps des locomotives à vapeur qui ne manquaient pas de panache est bien terminé, même si, ici ou là, quelques passionnés le réinventent pour quelques heures le ranimant en créant des liens, par le biais de pièces extraordinaire en miniature et de plus à échelle réduite. Le Petit Mairat n’a pas seulement alimenté la chronique et soulevé des passions pendant longtemps avant de voir le jour, il a surtout rythmé la vie de notre campagne, pendant de nombreuses années, avec à son apogée, un réseau ferré charentais important...
[*] Cette largeur encore en vigueur aujourd'hui vient de la première ligne pour voyageurs créée en Angleterre en 1825 et qui était de 4 pieds 9 pouces. Rappelons également que c'est aussi par imitation des voies anglaises que nos trains circulent à gauche.
[1] Paul Adrien Mairat, né à Benest (16) le 13-06-1865 et décédé le 22-04-1924 à Angoulême, il est enterré à Alloue (il a été aussi directeur du journal la Charente de 1897 jusqu’à sa mort, député à partir du 20-05-1906.)
[2] Les habitants de la vallée de la Tardoire demandent une liaison de St-Sornin à La Fourlière commune de La Rochette. Délibération du 3 décembre 1912 (transmis par la mairie de Ste-Colombe.)
[3] Témoignage de Mlle MIR le 27-1-1947.
[4] Témoignage du Docteur J. FORGEAUD mars 1993.
[5] Extrait de témoignage de M. James RONDINAUD en 1994 (livre "Ma Charentaise et Moi"collection Arléa.)
[6] Témoignage 2001 & 2002 de M. Lacombe (Coulgens), de Mme Vigneron (l’Age Ballot / St Colombe), de M. Mounier Serge (Coulgens), de M. Couprie Pierre (La Rochette), M. DANGLADE Roland (La Rochette), etc.
[7] Renseignements Vélo-Rail de Roumazières-Loubert 16270. Tél. : 05-45-71-16-64.
[8] Extrait doc. Internet sur : http://charente.angouleme.free.fr/angouleme/la_rochefoucauld/la_rochette/la_rochette0511.html, http://charente.confolens.free.fr, etc.
Extrait du bulletin d’information OT Bandiat Tardoire : N° 2, mars 2001 & Etudes Locales de La Rochefoucauld.
Extrait de renseignements et de documents de M. MERLE Rémy (Coulgens) & de Mme MERCIER (Roulet 16).
Extrait de la Collection Chemin de fer de Charente : CDDP 16400 la Couronne - Château de l’Oisellerie & Du Livre « Les Premiers Pas du Chemin de Fer de Charente 1836-1883 » (D Audet Perrier.)
Dans la Collection : CDDP 16 - CULTURE ET TRADITIONS CHARENTAISE « H. LE DIRAISON – Y. RENAUD ».
[A] Témoignage de Mme Albertine Cadet en 1993, etc.
[B] Extrait de renseignements et documents Internet sur http://andre.j.balout/charente(16)_pdf/triptyque_cajb12132000_09fr.pdf ou à http://www.viville.org/Champniers/retro/retro02.htm voir aussi http://www.mairie-Champniers.fr/petit_mairat/
M. RASSAT Mickaël
J’espère que cette article avec ces photos reconstituées sur cette très belle histoire concernant notre commune, avec ses souvenirs et anecdotes émouvants ou cocasses sur « le Petit Mairat » vous a agréablement émerveillé, et séduit, tout en restant dans la mémoire collective à tous jamais, etc.
Déjà parut, dans le Bulletin Municipal de La Rochette "Notre Village" avec cette reconstitution par graphisme de la gare du village de La Fourlière, commune de La Rochette, avant sa démolition au début des années 50.
Dans les prochaines parutions, du Bulletin Municipal de La Rochette "Notre Village" vous trouverez le tableau des horaires d’Angoulême – Confolens. Des souvenirs et anecdotes rapportées sur le Petit Mairat témoignent des souvenirs vivaces qu’ils ont laissés dans la mémoire collective, etc.
Si vous possédez des photos, se rapportant à l’histoire du Petit Mairat dans la commune, etc., transmettez-les nous, nous les publierons, etc.
par mikerassat
publié dans :
La Rochette



